[SDI-Africa] COMPTE RENDU DU SEMINAIRE REGIONAL « INDG, quelle valeur ajoutée pour les pays émergents », 3/4 avril 2012, Ouagadougou
Aude LAMENDOUR
alamendour at ignfi.fr
Tue Apr 10 16:41:19 EDT 2012
COMPTE RENDU DU SEMINAIRE REGIONAL « INDG, quelle valeur ajoutée pour les
pays émergents », 3/4 avril 2012, Ouagadougou
SUCCES DU SEMINAIRE REGIONAL : LAFRIQUE SEST DONNEE RENDEZ-VOUS A
OUAGADOUGOU POUR FAIRE AVANCER LES REFLEXIONS AUTOUR DES INDG
Vif succès pour la manifestation régionale organisée par IGN France
International et lIGN, en étroite collaboration avec lInstitut
Géographique du Burkina (IGB), la Commission Economique des Nations Unies
pour lAfrique (CEA) et Esri, sur le thème « Infrastructures Nationales de
Données Géographiques : quelle valeur ajoutée pour les pays émergents ? ».
Plus de 150 participants venus dune vingtaine de pays dAfrique se sont
rendus à Ouagadougou pour assister à ce séminaire. Des personnalités de
premier plan telles que les ministres burkinabe des ressources animales
dune part, de la promotion des droits humains et de léducation civique
dautre part, le chef dEtat Major Général des Armées du Burkina Faso, les
représentants des ambassades du Tchad, du Japon, de lAlgérie, du Maroc, et
les conseillers techniques de nombreux ministres africains avaient fait le
déplacement. On soulignera également la participation exceptionnelle de
nombreux directeurs généraux de services cartographiques africains.
La présence lors de louverture officielle de la manifestation du ministre
burkinabe des infrastructures et du désenclavement, des ambassadeurs de
lUnion Européenne et de la France, du président dIGN France International
et du directeur général de lIGB, a donné aux participants un signal fort de
limportance que le Burkina Faso accorde à la mise en place dune
infrastructure nationale de données géographiques et à la cartographie dune
manière générale.
« La mise en place dune infrastructure nationale de données géographiques
(INDG) nest pas un effet de mode, elle correspond à des besoins réels des
décideurs, des administrations, des entreprises et de la société civile,
explique Christophe DEKEYNE, directeur commercial dIGN France
International. Linformation géographique est bien un véritable outil au
service du développement économique et social des pays. Cest ce qui
explique que les participants soient venus si nombreux et de si loin. La
prise de conscience en Afrique est aujourdhui bien réelle mais les
questions sur la manière délaborer ces projets ambitieux se posent encore.
Elles se posent avec dautant plus dacuité que les ressources financières
et humaines sont souvent limitées ».
De nombreux pays dAfrique, se heurte en effet à des difficultés de
plusieurs ordres : un manque de connaissances cartographiques des décideurs
publics une méconnaissance des données existantes due principalement à leur
rareté et à leur dispersion, un manque de normes accompagnant les données
produites ce qui se traduit par leur faible interopérabilité, un manque de
synergie et de concertation entre les agences productrices ce qui est à
lorigine de redondances et de surcoûts qui pourraient être limités et
enfin, une faiblesse des ressources financières et humaines qui fragilisent
les instituts cartographiques et freinent les projets en cours.
« Linfrastructure de données spatiales nest pas une fin en soi, rappelle
André NONGUIERMA, expert SIG à la CEA. Lobjectif de la CEA est que la
géomatique prenne sa place dans tous les secteurs de développement. Son rôle
est évidemment fondamental dans la mesure où son but est de répondre aux
besoins très nombreux des utilisateurs, de lEtat et de ses services bien
sûr, mais aussi des représentants du secteur privé ou de la société civile
»
Organisé en plusieurs sessions, le séminaire a permis daborder les
composantes indispensables à la mise en place de ce type de projet. Il est
ainsi revenu sur limportance de limplication des plus hautes sphères des
états dans le processus de mise en place dune INDG, sur la mise en place
des partenariats stratégiques et opérationnels, sur la question
fondamentale des données, de leur production et leur mise à jour, et enfin
sur le rôle joué par les utilisateurs et leurs attentes.
« Au-delà des outils techniques, la mise en place dune infrastructure de
données géographiques est une véritable philosophie. Linformation
géographique nacquiert de la valeur que si elle est organisée, structurée
et partagée. Cest pour cette raison que limpulsion doit venir des plus
hautes autorités. Cet engagement fort est absolument nécessaire pour mener à
bien ces projets qui bénéficient à lensemble de la collectivité, améliorent
la compétitivité des services de lEtat et du secteur privé, facilitent la
prise de décision. Les projets dinfrastructure sont ainsi menés plus en
adéquation avec les besoins des populations et les réalités du terrain ;
lutilisation des finances publiques est optimisée et la bonne gouvernance
économique des pays sen trouve améliorée » a souligné Jean-Philippe GRELOT,
président dIGN France International, au cours de ses interventions.
En outre, la méconnaissance des données existantes constitue un autre défi
auquel les pays dAfrique doivent répondre et cette méconnaissance conduit
souvent à sous-estimer les données dont ils disposent.
« Le catalogage des ressources disponibles est un exercice préalable très
important, rapporte Pascal Hameury, responsable export dEsri France. Cet
exercice qui peut apparaître de prime abord un peu fastidieux est pourtant
le point de départ de la mise en place dune INDG car il permet de mettre en
évidence linformation qui existe, de commencer à la structurer et dinitier
la réflexion sur les questions souvent épineuses, de la production des
données et de leur partage ».
Plusieurs pays dAfrique dont le Sénégal, le Burkina Faso, le Nigéria, la
Côte dIvoire ont fait part de leurs expériences et de lavancement actuel
des projets dans chacun de leur pays. Débuté en 2011 pour accompagner la
stratégie nationale de développement économique, le projet de mise en place
du Plan National de la Géomatique au Gabon a également été présenté.
La question de la coopération régionale en matière dinformation
géographique, compte tenu de la provenance des participants, a évidemment
été soulevée . « Même si les résultats sont peu visibles, les initiatives
régionales existent bel et bien, précise Claude Obin TAPSOBA, le directeur
général de lIGB. Les interventions de lUnion Economique et Monétaire
dAfrique de lOuest (UEMOA), de la Commission Economique des Etats
dAfrique de lOuest (CDAO) ou de lAutorité du Bassin de la Volta (ABV)
dans le domaine de la gestion de leau en sont des exemples. »
Pour permettre aux services cartographiques davoir des clés pour engager
ces projets dans leurs pays respectifs, la session plénière du 3 avril sest
accompagnée le lendemain dune session en comité restreint composé qui a
permis daborder les questions relatives à la mobilisation des financements
en présence des principaux bailleurs de fonds (Union Européenne, Agence
Française de Développement) et délaborer une feuille de route
opérationnelle, sous limpulsion de la CEA, de lUEMOA (Union Economique et
Monétaire Ouest Africaine), de lIGN France et dIGN France International.
Les échanges très nombreux qui ont eu lieu au cours de ces 2 journées de
séminaire régional ont prouvé que lAfrique est tout à fait prête à prendre
le virage des INDG. Il a été acté à lissue des 2 jours déchanges que ce
séminaire régional devait devenir, compte tenu des enjeux et des
problématiques rencontrées, un rendez-vous régulier. Cette manifestation est
aussi venue rappeler que la mise en place dune INDG est un processus
global qui nécessite une succession détapes progressives. Sil est entendu
quil nexiste pas un modèle unique dinfrastructure de données
géographiques, les participants sont tombés daccord pour dire que le modèle
africain, tout en sinspirant des modèles existants et notamment peut-être
de ce qui a été fait en Europe et dans les pays qui ont été précurseurs dans
la thématique, doit maintenant construire sa propre voie.
Contact :
Aude ARESTE LAMENDOUR
+226 72 06 30 65
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Aude ARESTE LAMENDOUR
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